
Il y a des lieux étranges, comme porteurs d’une malédiction. C’est le cas de la gare internationale de Canfranc qui n’a, pour ainsi dire, presque jamais servi.
Aujourd’hui c’est un palace. Et la visite vaut le coup d’oeil.
Traumatisée par les guerres napoléoniennes, l’Espagne a toujours voulu rendre toute invasion (notamment provenant de France) la plus compliquée possible. C’est la raison pour laquelle l’écartement des rails de chemins de fer y est différente du rail français. Cela a eu bien des conséquences, comme le fait de devoir construire un réseau spécifique pour les trains à grande vitesse, comme au Japon.
Autre conséquence, alors que le trafic au travers des Pyrénées s’intensifiait, il était devenu nécessaire de créer une gare permettant à des passagers de débarquer d’un train français pour monter dans un train espagnol. Après bien des aventures et des reports, la Gare internationale de Canfranc est inaugurée en juillet 1928.
Mais, entre incendie de 1931, guerre civile espagnole puis seconde guerre mondiale, la gare ne va pratiquement pas être utilisée. La ligne est utilisée pour du trafic fret durant la seconde guerre mondiale, mais pas la gare, du moins officiellement. Le trafic reste limité à une cinquantaine de passagers par jour au travers de la frontière au plus fort du trafic après la seconde guerre mondiale. La destruction d’un pont sur la partie française de la ligne en 1970 rend la gare définitivement obsolète.
Une nouvelle gare, moderne, est construite pour le trafic en provenance de l’Espagne en attendant un hypothétique retour de trains en provenance de France.
Et le magnifique bâtiment originel est donc devenu un palace au début des années 2020.
J’ai séjourné sur place à l’occasion d’un petit voyage dans les Pyrénées dont voici les photos.