Digger : creuser toujours plus

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Digger, de Alejandro González Iñárritu, avec Tom Cruise, Sandra Hüller et Riz Ahmed, est un flop monumental aux Etats-Unis. Est-ce étonnant dans les Etats-Unis de Trump ? Pas vraiment.

Je vais, désormais, rarement au cinéma. Mais je ne regrette pas d’avoir acheté une place pour Digger. Il s’agit là probablement du meilleur rôle de Tom Cruise, la preuve qu’il est un grand acteur. Et c’est un film extraordinaire sur le réchauffement climatique.

La construction du film le rend étonnant. Mais comment en parler sans dévoiler la fin ? Cette fin vous marquera, surtout les derniers mots : « Niveau 4 ».

Digger, c’est l’histoire d’un homme qui donne son prénom au titre du film. Il dirige une compagnie pétrolière dont il a hérité. Et il creuse des puits de pétrole. Quand une réglementation, malgré ses efforts en corruption, vient entraver son activité, il fait tout pour continuer de creuser jusqu’au bout et tirer le maximum de pétrole. Et une explosion d’un puits dans l’Arctique provoque le déplacement d’un gigantesque iceberg qui va détruire les côtes européennes. Par répercussion, l’Alaska est victime d’un deuxième iceberg. Et ce n’est que le début.

Digger, c’est l’histoire d’une civilisation qui ne peut pas ignorer mais qui ignore tout de même. Quand le mensonge n’est plus possible, Digger va dire la vérité. Et celle-ci est cruelle.

Digger est probablement le meilleur rôle de Tom Cruise, dans le rôle titre mais méconnaissable. Pas de bagarre. Pas de cascade. Juste un vieillard qui s’entiche d’un chat trentenaire. Juste un très grand acteur qui doit jouer une pourriture de dimension historique.

Il y a deux retournements de situation dans le film. C’est ce qui le rend complexe mais redoutablement efficace. Est-ce vraiment une comédie ? Digger est-il une histoire vraie ou une oeuvre militante ? C’est la question posée par chaque retournement de situation.

Mais, à la fin, n’oubliez pas avant de sortir : « Niveau 4 ».