Le temps qu’il reste, de Elia Suleiman, avec Ali Suliman et Saleh Bakri, retrace la vie d’une famille palestinienne de Nazareth sous l’occupation israélienne de 1947 à nos jours au travers de scènes décousues se voulant significatives. Si le film peut défendre honorablement la cause palestinienne face à l’occupation israélienne et aux exactions liées à celle-ci, il reste un ensemble disparate et contemplatif, guère passionnant faute de véritable histoire.
Si ce n’est pas le premier film à tenter de faire rire de situations dramatiques en jouant sur le loufoque, les scènes misant sur l’absurde assurent une décompression des plus utiles. Le palestinien allant jeter sa poubelle en téléphonant à sa petite amie tout en étant suivi par le canon d’un tank israélien (ce qui n’est pas sans faire penser à la place Tien An Men), le saut à la perche du héros au dessus du mur coupant le territoire palestinien en deux pour rejoindre sa tante mourante, le jeu de ping-pong autour d’un brancard entre l’armée israélienne et les infirmiers, le contrôle permanent des pêcheurs… sont autant de scènes jouant sur l’absurde, le ridicule, tout en montrant l’horreur de l’oppression.
Mais ce n’est pas parce que le peuple palestinien souffre que les spectateurs doivent subir le même sort. Le titre doit faire référence aux pensées de ceux-ci lorsqu’ils regardent leurs montres durant la projection.
Demain dès l’aube, de Denis Dercourt, avec Vincent Perez et Jérémie Renier, se déroule dans l’univers très particulier des « reconstitueurs », c’est à dire des pratiquants du jeu de rôle historique en grandeur réelle, en l’occurrence à l’époque napoléonienne. Mais, à l’occasion de la maladie de sa mère, un concertiste entre dans cet univers sans guère de préparation, à l’invitation de son jeune frère. Il en oublie (mais ne semble pas être le seul…) qu’il ne s’agit que d’un jeu. Notons d’ailleurs que les résumés qui ont circulé avant la sortie du film sont inexacts : les deux frères ne s’opposent pas, la mère non plus, au sujet de ce jeu.
Là-Haut (Up), de Pete Docter, est la dernière production Pixar/Disney. Lorsqu’il se retrouve à 78 ans, veuf et sur le point de se faire expulser de sa maison, Carl décide de réaliser la promesse qu’il avait faite à sa femme de se retirer sur des chutes d’eau magnifiques, accroche des milliers de ballons à la cheminée de sa maison et décolle ainsi dans ce dirigeable insolite direction l’Amérique du Sud, embarquant au passage un scout bavard et collant à la recherche du badge pas encore gagné.
Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, de David Yates, avec Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, nous amène dans la sixième année d’études à Poudlard du héros. La puissance de Voldemort s’accroit et l’affrontement final s’approche. Ceux qui ont lu les livres de J.K. Rowling constateront évidemment que l’histoire est grandement simplifiée, notamment en ce qui concerne les intrigues politiques.
The Reader, de Stephen Daldry, avec Kate Winslet et Ralph Fiennes conte l’initiation sexuelle d’un adolescent allemand dans les bras d’une femme qui pourrait être sa mère mais se révèlera avoir été une criminelle nazie. Analphabète, elle a toujours aimé se faire lire des livres, par les Juifs dans les camps comme par son jeune amant. Kate Winslet a enfin obtenu son Oscar de la Meilleure Actrice pour un film qui n’est cependant pas sa meilleure composition.
Public Enemies, de : Michael Mann avec Johnny Depp, Christian Bale et Marion Cotillard nous ramène à l’époque où John Edgar Hoover tente d’imposer son idée d’une police fédérale aux Etats-Unis, le désormais célèbre FBI. Dans ces années 30, un braqueur jolicoeur multirécidiviste est la cible rêvée du marketing de Hoover : John Dillinger.
L’âge de glace 3 : le temps des dinosaures, de Carlos Saldanha, permet le retour des héros des deux premiers opus, le mammouth stressé, le tigre aux dents de sabre faux dur, le paresseux agité, etc. Plus encore que dans les deux premiers opus, les aventures de Scratte et de sa noisette, ici aux prises avec une redoutable rivale en la personne d’une Scratette, réalisent un fil rouge délirant à l’ensemble du film.
Fais moi plaisir, de et avec Emmanuel Mouret, avec également trois délicieuses actrices (Judith Godrèche, Frédérique Bel et Déborah François), est une bien gentille comédie de boulevard sur le désir inassouvi. Voilà donc le héros, obligé d’avouer qu’il a regardé une femme inconnue qui n’a pas été indifférente, que sa compagne oblige à revoir pour purger au lit un désir inassouvi et qui finit par partir avec la soubrette mais reste au final fidèle à son seul amour.
Blood, the last vampire, de Chris Nahon, avec Gianna Jun et Allison Miller est un film de vampires basé sur un manga culte au Japon mais aussi un film co-produit au Japon, en France, à Hong-Kong et en Argentine et réalisé par un Français. Il en résulte un machin qui tombe à plat totalement décalé par rapport à l’esthétique sophistiquée exigible.
Coraline, de Henry Selick d’après le roman de Neil Gaiman, est-il vraiment un film d’animation pour enfants ? Qu’il soit permis d’en douter, surtout si on veut éviter les cauchemars. Quand l’animateur de l’Etrange Noel de Mr Jack (réalisé par Tim Burton) rencontre l’auteur d’American Gods et complice de Terry Pratchett pour De bons présages, on sait que le film ne sera pas conventionnel mais au contraire d’une esthétique et d’un style très particuliers.